Texte Libre
" Je m'arrête au milieu pour revoir à distance la façade de
Saint-Marc.
Ma surprise et mon éblouissement se renouvellent.
Les chevaux de Corinthe hument l'air et l'espace et piaffent sur les sculptures du portail au-dessus des saints et des évêques.
Ils semblent leur dire : En marche ! En marche ! Éveillez-vous, montez en
croupe, allez à travers le monde qui se précipite et appelle Dieu pour le guider ! "
Louise Collet ( Italie des Italiens 1862 )
Ces quatre chevaux de bronze firent la fierté de l'hippodrome de Constantinople et de l'empereur Contantin ils furent volés par les Vénitiens en 1204 lors de
la prise de la ville durant la quatrième croisade et amenés Place Saint-Marc en 1254.
Ce fut Napoléon qui à son tour vola les quatres chevaux de Saint-Marc en 1797 pour les installer aux Tuileries, puis sur l'Arc de Triomphe du Carrousel. En 1815, Napoléon battu à Waterloo, les
chevaux furent rendus à Venise par le bon soin des Autrichiens.
Depuis les années 1980 ces magniques chevaux, qui furent si convoités, sont à l'abri à l'intérieur de la basilique, à l'extérieur seule la copie reste visible.
" Les Roses de Venise sont toutes de pierres vêtues ,
Couvertes de porphyre , de marbre , de blanche d'Istrie .
Les pétales mordorés de ces fleurs d' Italie
N'ont de senteurs , que le nectar de leur vécu ."
Gérard Cotton
Le palais des Doges : façade sur la
piazzetta
Autrefois lieu de résidence des doge, les chefs de la République vénitienne abrite aujourd'hui un des plus beaux musées de Venise.
"Ô Venise ! Venise !
Lorsque tes murs de marbre
seront de niveau avec les ondes,
alors les nations pousseront un cri
sur tes palais submergés,
et une lamentation bruyante
se prolongera sur les flots qui t'engloutiront !"
Lord Byron
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Venise! ô souvenir ! ô cité blanche et rose !
Merveilleux alcyon, fleur de la mer éclose
Entre l'azur uni des ondes et le ciel,
Cité-femme au doux nom, ô mon charme éternel,
Venise, ainsi que toi, les Vénus étaient blondes.
Tes pieds exquis trempés aux vagues peu profondes,
Telle qu'une princesse en habits d'Orient,
Tu te penches, et l'eau reflète, en souriant
Le rythme de ton corps et tes parures vaines.
Des canaux délicats et minces sont tes veines;
Ainsi qu'aux êtres fins le silence t'est cher.
Les marbres éclatants et roses sont ta chair,
Si pure qu'on dirait que les brises sonores
Y font courir le sang des vivantes aurores.
Tes yeux sont le rayon divin du ciel léger,
Et ton sourire fait le jour, sans y songer.
Ainsi mon rêve épris n'a pas pu se défendre
De t'aimer d'un amour mélancolique et tendre,
Comme on aime une femme, et comme on tend les bras
Aux belles visions qui ne s'envolent pas.
( ... )
Albert Mérat - Les Villes de Marbre 1869
Des vastes mers tableau philosophique,
Tu plais au coeur de chagrins agité :
Quand de ton sein par les vents tourmenté,
Quand des écueils et des grèves antiques
Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
L'âme attendrie en ses rêves se perd,
Et, s'égarant de penser en penser,
Comme les flots de murmure en murmure,
Elle se mêle à toute la nature :
Avec les vents, dans le fond des déserts,
Elle gémit le long des bois sauvages,
Sur l'Océan vole avec les orages,
Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.
Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
S'en va mourir ; quand, souriant encor,
Le vieux soleil glace de pourpre et d'or
Le vert changeant des mers étincelantes,
Dans des lointains fuyants et veloutés,
En enfonçant ma pensée et ma vue,
J'aime à créer des mondes enchantés
Baignés des eaux d'une mer inconnue.
L'ardent désir, des obstacles vainqueur,
Trouve, embellit des rives bocagères,
Des lieux de paix, des îles de bonheur,
Où, transporté par les douces chimères,
Je m'abandonne aux songes de mon coeur.
François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848)
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