Amoureuse de la mer,je vis en Bretagne... passionnée de poésies,de lecture et d'Histoire...avec un grand H... sans oublier l'Italie !
Invitée à migrer par un mail reçu depuis environ un mois, je n'arrive pas à m'y résoudre, bien que je sois assez satisfaite de la nouvelle plateforme Over-blog KIWI...
J'y ai ouvert deux blogs, http://solemio22.over-blog.com/ avec pour base le thème Full Moon modifié par mes soins, _ http://daniela22.over-blog.com/ avec pour base le thème Dream High.... gros problème pour les visiteurs pour trouver la rubrique commentaires, je viens de le modifier et en reprenant le thème Full Moon , je suis satisfaite de cette modification !
Un conseil, si je peux me le permettre, certains thèmes ne possèdent pas de modules ( widgets) pour les liens, ou n'en disposent que de deux ne pouvant contenir que 10 liens aussi avant de migrer sauvegardez vos liens si vous ne voulez pas perdre vos amis.
Amitié
Prima
LISE
J'avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j'étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j'attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m'asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.
Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu'il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu'il fut jadis des roses ?
Elle m'aimait. Je l'aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.
Dieu l'avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.
Puis j'étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J'étais tout fier d'apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.
Quoiqu'on soit femme, il faut parfois qu'on lise
Dans le latin, qu'on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l'église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.
Elle disait de moi : C'est un enfant !
Je l'appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l'église ;
Si bien qu'un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.
Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l'aube et le matin du coeur.
Charmez l'enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies!
Victor HUGO
( 1802 - 1885 )
écrit en mai 1848
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