Texte Libre



Jeudi 19 novembre 2009


" Les Roses de Venise sont toutes de pierres vêtues ,
Couvertes de porphyre , de marbre , de blanche d'Istrie .
Les pétales mordorés de ces fleurs d' Italie
N'ont de senteurs , que le nectar de leur vécu ."


Gérard Cotton


Le palais des Doges : façade sur la piazzetta

Autrefois lieu de résidence des doge, les chefs de la République vénitienne abrite aujourd'hui un des plus beaux musées de Venise.


 "Ô Venise ! Venise !
Lorsque tes murs de marbre
seront de niveau avec les ondes,
alors les nations pousseront un cri
sur tes palais submergés,
et une lamentation bruyante
se prolongera sur les flots qui t'engloutiront !"

Lord Byron


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Mardi 17 novembre 2009


Le Ca'd'Oro

Edifié en 1424, il est sur le Grand Canal, un des plus beaux palais vénitiens. De style gothique raffiné, avec des accents byzantins, il était jadis décoré à la feuille d'or, d'où son nom.
Son dernier propriétaire la légué à l'Etat en 1922, avec ses collections où voisinent des oeuvres de Titien, Carpaccio et Mantegna
.

   
Le Titien  _  Portrait d'une femme à sa toilette
Par primavera - Publié dans : ITALIE - Communauté : Diaspora Zorange
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Lundi 16 novembre 2009



Venise! ô souvenir ! ô cité blanche et rose !
Merveilleux alcyon, fleur de la mer éclose
Entre l'azur uni des ondes et le ciel,
Cité-femme au doux nom, ô mon charme éternel,
Venise, ainsi que toi, les Vénus étaient blondes.


Tes pieds exquis trempés aux vagues peu profondes,
Telle qu'une princesse en habits d'Orient,
Tu te penches, et l'eau reflète, en souriant
Le rythme de ton corps et tes parures vaines.


Des canaux délicats et minces sont tes veines;
Ainsi qu'aux êtres fins le silence t'est cher.
Les marbres éclatants et roses sont ta chair,
Si pure qu'on dirait que les brises sonores
Y font courir le sang des vivantes aurores.


Tes yeux sont le rayon divin du ciel léger,
Et ton sourire fait le jour, sans y songer.
Ainsi mon rêve épris n'a pas pu se défendre
De t'aimer d'un amour mélancolique et tendre,
Comme on aime une femme, et comme on tend les bras
Aux belles visions qui ne s'envolent pas.
       
                                                                 ( ... )

Albert Mérat - Les Villes de Marbre 1869

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Vendredi 13 novembre 2009

 



Des vastes mers tableau philosophique,
Tu plais au coeur de chagrins agité :
Quand de ton sein par les vents tourmenté,
Quand des écueils et des grèves antiques
Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
L'âme attendrie en ses rêves se perd,
Et, s'égarant de penser en penser,
Comme les flots de murmure en murmure,
Elle se mêle à toute la nature :
Avec les vents, dans le fond des déserts,
Elle gémit le long des bois sauvages,
Sur l'Océan vole avec les orages,
Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.


Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
S'en va mourir ; quand, souriant encor,
Le vieux soleil glace de pourpre et d'or
Le vert changeant des mers étincelantes,
Dans des lointains fuyants et veloutés,
En enfonçant ma pensée et ma vue,
J'aime à créer des mondes enchantés
Baignés des eaux d'une mer inconnue.
L'ardent désir, des obstacles vainqueur,
Trouve, embellit des rives bocagères,
Des lieux de paix, des îles de bonheur,
Où, transporté par les douces chimères,
Je m'abandonne aux songes de mon coeur.

François-René de CHATEAUBRIAND   (1768-1848)

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Mardi 10 novembre 2009




Cette fille de bois est venue sans marcher
La niña de maderano llegò caminando


                                           
                            Figure de proue


Cette fille de bois est venue sans marcher :
elle fut là soudain assise sur les briques,
de vieilles fleurs des mers avaient couverts sa tête,
son regard avait la tristesse des racines.


Elle resta à regarder nos vies offertes,
à nous voir être, aller, marcher, reprendre terre ;
le jour dégradait la couleur de ses pétales.
Elle veillait sans nous voir, la fille de bois.


La fille couronnée par les anciennes vagues
était là, nous regardant de ses yeux défaits :
sachant que nous vivons dans un filet lointain


de temps, de vagues, d'eau, et de sons et de pluie,
ignorant si nous sommes ou bien si c'est son rêve.
C'est la fille de bois dont j'ai conté l'histoire.


Pablo Neruda
( La centaine d'amour )

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